Faire connaître notre démarche et nos propositions auprès des militants

Pour cela, retrouvez les points essentiels de la contribution "Clarté, courage, créativité. Choisir maintenant, pour agir demain".

La contribution « clarté, courage, créativité : Choisir maintenant, pour agir demain » dont le premier signataire est Bertrand Delanoë affirme une exigence de vérité. Car pour nous, dire la vérité sur la situation du pays, les défis économiques et budgétaires auxquels il est confronté, sur le monde dans lequel nous vivons, est essentiel à l’accomplissement du changement politique réel que nous voulons.

Le PS est à la croisée des chemins. Dans les trois années qui viennent, nous proposons de construire une force socialiste puissante, assumant son identité réformiste, qui tienne le même langage aux militants et aux citoyens sur la nature des mutations à opérer dans notre pays, qui fonde la production de progrès sociaux sur une nouvelle efficacité économique et sur un mode de développement écologique.

Notre contribution réunit des militants aux parcours divers autour d’un projet couvrant l’ensemble des questions qui engagent l’avenir de notre famille : la nécessité d’une orientation rénovée du Parti socialiste ; la stratégie et les alliances ; la conception du Parti et celle du leadership.

Elle est marquée par la clarté de choix assumés. A partir de nos valeurs et de nos principes elle prend parti et avance des propositions concrètes et opérationnelles, y compris sur des sujets difficiles : la politique économique et sociale, la fiscalité, le logement, la politique énergétique, les nouvelles libertés à conquérir.

I. L’efficacité de gauche à l’ère de l’innovation et du développement durable pour construire un nouveau contrat social

Les Français souffrent. Les richesses sont de moins en moins partagées, la fiscalité renforce les inégalités et le travail est de plus en plus précaire. Les déficits s’accumulent et la France prend du retard. La politique de Nicolas Sarkozy est aussi injuste qu’inefficace. Nous proposons un autre avenir au pays. Mais on ne peut produire de la justice sociale qu'avec une économie forte. Dans ce contexte de crise grave, la France a besoin d’une efficacité de gauche au service du progrès social.

Notre contribution propose un nouveau contrat social fondé sur l’économie de l’innovation et le développement durable. Notre objectif est l’emploi de qualité, la promotion de l’égalité réelle des chances, la croissance durable et l’excellence écologique. Pour cela il faut un Etat social prévoyant, qui aide les citoyens à anticiper les changements, rénove les services publics, un Etat moderne et décentralisé qui régule, protège et redistribue.

Des propositions concrètes :

Donner de nouveaux droits aux salariés :
- La sécurité des parcours professionnels par la formation tout au long de la vie ;
- La lutte contre le temps partiel subi et le travail précaire, l’amélioration des conditions de travail et la qualité de l'emploi ;
- La représentation des salariés dans les conseils d’administration des grands groupes.

Relancer la croissance, la création d'emploi et le pouvoir d'achat
- L'avenir se jouera sur l’avance technologique : nous voulons investir massivement dans le capital humain et améliorer le niveau de formation ; porter à 3% du PIB le budget de la recherche en supprimant le paquet fiscal ; financer les universités ;
- Les PME représentent les ¾ des emplois et des richesses crées : pour lutter contre le chômage, il faut favoriser la croissance des PME innovantes, le capital-risque, le crédit impôt recherche ; une part des marchés publics doit leur être réservée;
- Les aides aux entreprises ne doivent être accordées qu’en contrepartie des négociations salariales.

 Un nouveau modèle de développement :
- Les économies d'énergie sur l'habitat et les déplacements ;
- Le développement des énergies renouvelable et des programmes de recherche européens dans le développement durable (solaire, éolien, hydraulique...) ;
- Le développement de la filière nucléaire dans la transparence et la sécurité ;
- Le financement par la taxation des super profits des compagnies pétrolières.

 Une ambition sociale
- logement : construire 120 000 logements sociaux par an ;  appliquer des sanctions financières multipliées par 5 aux communes contrevenants à la loi SRU ;
- école : réduire le nombre d'élèves en ZEP ; réserver la moitié des places en classes préparatoires aux grandes écoles aux meilleurs élèves de tous les lycées
- famille : mise sous condition de ressources des allocations familiales pour les réserver aux coches populaires et moyennes ; offrir à chaque famille une solution de garde pour les enfants en bas âge.
- retraites : préserver la répartition et garantir le revenu des petites retraites par l'augmentation de l'emploi des seniors ; bonifier des retraites en fonction de la pénibilité et de l'espérance de vie ; abonder le fonds de réserve des retraites ; élargir l'assiette des cotisations patronales ; soumettre à cotisations les stocks options.
- santé : réorganiser notre système de soin pour éviter les déserts médicaux, soutenir les hôpitaux et organiser une meilleure articulation avec la médecine libérale, créer des maisons de santé.
- territoires : redynamiser la politique de la ville par des contrats d'objectifs ; élaborer une politique offensive en faveur des territoires ruraux ; refondre la fiscalité locale pour une véritable péréquation des ressources ;
- fiscalité : réhabiliter l’impôt en le réformant pour le rendre juste et efficace : remettre à plat les niches fiscales et les exonérations qui représentent presque deux fois le déficit de l'État.

II. Parce que nous sommes internationalistes, notre projet est résolument européen

Les crises mondiales se multiplient : financières, alimentaires, énergétiques, écologiques. Elles appellent des réponses mondiales. Nous avons besoin d’un nouveau projet européen pour sortir l’Europe de la crise.

- Le débat constitutionnel ne nous a pas seulement divisés : il a brouillé notre message.
- C'est pourquoi nous voulons réaffirmer notre volonté européenne.
- Notre projet est résolument européen parce que nous sommes internationalistes.
- Dans cet engagement européen nous voulons agir solidairement avec les autres forces progressistes en Europe.
- L'Europe, concrète, pragmatique doit être le levier principal de régulation de la mondialisation.

Des propositions concrètes :

Lors des élections européennes de 2009, nous proposons que les socialistes européens agissent pour :

- Une nouvelle orientation des politiques européennes : un budget de l'Union Européenne à 1,5% du PIB ; la création d'un impôt écologique européen ; un grand emprunt européen pour financer les travaux d'infrastructures et la recherche ; un salaire minimum européen ; une directive cadre sur les services publics ; un protocole social garantissant qu’aucune directive ne peut servir à abaisser le niveau des droits sociaux.
- Des objectifs pour l'Europe dans la mondialisation : créer une communauté européenne de l'énergie ; la régulation des marchés financiers ; proposer la création d'une ONU de l'Environnement ; d’un Conseil de sécurité économique, écologique et social mondial ; peser pour que l’OMC intègre les normes sociales et écologiques.

III. Le parti socialiste : quel Parti pour quelle culture démocratique ?

La vérité exige la clarté s’agissant de l’identité du parti socialiste, de son fonctionnement, de sa stratégie politique et d’alliances, du rôle de sa direction et du premier secrétaire.

La gauche a besoin d’un grand parti socialiste, refondé et ouvert sur la société pour enclencher une dynamique victorieuse en 2012.

Nous voulons un parti de militants souverains et actifs, plus forts en nombre et en représentativité de la société. Nous estimons vital de réhabiliter le travail collectif, d’en finir avec les entreprises de contournement du parti et, pire, des décisions prises. Nous sommes attachés au respect des personnes et des consciences (même après le vote des militants), mais il ne peut y avoir qu’une seule position du Parti socialiste. Nous voulons un parti décentralisé mais sans affaiblissement de sa force nationale. Nous ne croyons pas moderne l’idée de « balkaniser » le PS en une multitude de pouvoirs locaux, comme hier avec la SFIO. Nous voulons une autorité politique forte du national dans un parti qui n'est pas seulement une addition de fédérations.
Nous proposons donc de réhabiliter le rôle de nos instances, à tous les niveaux, d’en faire les lieux d’élaboration, de décision et d’actions.

Nous avons une ligne et les idées claires sur le rôle du futur premier secrétaire. Simple, elle est la seule vraiment rassembleuse : de 2008 à 2011, le leadership du parti socialiste devra s’exercer dans l’opposition à la droite, en même temps qu’il devra créer les conditions de la victoire dans les élections européennes et locales puis aux présidentielle et législatives de 2012. Nous avons donc besoin d’un premier secrétaire fort, qui soit aussi le leader de l'opposition, premier opposant de Sarkozy et qui soit capable de faire travailler l’ensemble du parti pour mettre en ordre de marche le Parti socialiste. Nous voulons que le Parti soit dirigé par un militant, engagé dans les instances du Parti et qui les respecte. Le leader que nous voulons pour le parti ne doit pas être automatiquement le candidat pour 2012 : nous avons des procédures ; elles doivent être respectées.

IV. La stratégie d'alliance

Quatrième question essentielle, celle des alliances. Nous sommes sans ambiguïté pour ancrer les alliances du parti socialiste à gauche en rassemblant les autres forces de gauche qui acceptent de former des majorités nationales et locales pour gouverner ensemble.

Nous ne croyons pas aux « constructions », empruntées au passé, d’une « fédération » type FGDS des années 60, ni à un parti unique de toute la gauche où viendraient se fondre les communistes, les verts, les radicaux et les républicains de progrès. Nos alliances seront fortes si le Parti socialiste redevient lui même fort et attractif. C’est un parti socialiste puissant électoralement, régénéré, cohérent, clair et rassemblé sur une orientation crédible qui sera la base d’un rassemblement de la gauche victorieux et non sa dilution dans une fédération de la gauche.

Sur « l’ouverture au centre », notre position est ferme : pas d'alliance avec un centre qui se dit ou se dirait prêt à travailler indifféremment avec la droite et la gauche. Le centre incarné par le MODEM n’est pas à gauche et son objectif n’est pas de faire gagner la gauche en 2012 mais de la faire perdre. Seul, un vrai centre-gauche qui s’oppose sur le fond à la politique de l’UMP et adhère à un projet de progrès social pourra selon nous, participer à un rassemblement de la gauche.

Conclusion

Nous sommes dans le temps des contributions. Pour qu’il soit utile, les militants doivent pouvoir s’emparer des débats sur la base des idées qui leur sont présentées. C’est un temps de liberté d’expression qui doit reposer sur le fond, c'est-à-dire les analyses, les convictions et les propositions. Un congrès de vérité, dont l’issue appartient aux militants, ne saurait donc reposer sur des regroupements dictés par des considérations essentiellement tactiques. Car si le temps des motions, soumises au vote, marque celui des alliances, celles-ci devront également découler de vraies convergences idéologiques. C’est pourquoi nous agissons avec la volonté de créer les conditions d’une dynamique majoritaire fondée sur la cohérence et sur la clarté des orientations et des idées.

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