Sous l'ardent soleil rochelais, une certaine tension se fait sentir en ce vendredi soir. Les militants convergent vers l'amphithéâtre 400 de la Faculté de langues, art et sciences humaines. L'enjeu est important. La rentrée s'esquisse à peine que, déjà, le congrès s'annonce.
Très vite, la salle est surchauffée. Lionel Jospin se fraye un passage parmi les caméras. Les gradins se remplissent si rapidement que les retardataires en sont pour leurs frais : récente signataire, George Pau Langevin rejoint Yannick Vaugrenard assis comme il peut dans une travée. Harlem Désir, qui ouvre la réunion, donne rapidement le la : "Nous voulons remettre au travail ce parti que nous aimons. Nous espérons en finir avec la cacophonie. Nous ferons valoir une exigence de vérité".
Des quatre coins de l'amphi s'enchaînent les interventions, illustrant l'implantation de ce qui n'est pas encore une motion. Ancienne du NPS, la niçoise Pascale Gérard insiste sur l'investissement dans la formation tout au long de la vie. Issus de Socialisme et Démocratie, Alain Bergounioux, le grenoblois Michel Destot et le messin Richard Lioger expliquent leur engagement réformiste. Le manceau Jean-Claude Boulard signale des convergences avec d'autres contributions, qu'il a, pour une fois, pris soin de lire ! Corinne Bord de Bondy puis Marie-Arlette Carlotti de Marseille échangent sur ce que doit être la gouvernance du parti. La rennaise Sylvie Robert et la varoise Elsa Di Méo appellent quant à elles de leurs voeux un parti socialiste davantage tourné vers la réflexion et travailleur, et ce d'autant plus que nous devons placer la recherche et l'université au centre de nos attentions. Accompagné de deux autres parlementaires du Pas-de-Calais, le lensois Guy Delcourt approuve. Après le drômois Didier Guillaume, le bressan Jean-François Debas, le girondin Philippe Buisson et le toulousain Kader Arif, voilà Michel Rocard qui, avec son inimitable faconde, nous encourage à prendre la mesure des enjeux.
Bertrand Delanoë en vient alors à conclure cette rencontre pleine pleine d'allant et d'espoir, en invitant d'abord le PS à jouer sérieusement son rôle d'opposant. Nul besoin d'aller chercher bien loin, les faits sont suffisamment sévères pour la droite : paquet fiscal, franchises médicales, discours de Dakar, les motifs de contestation sont légions.
En phase avec la tonalité dynamique et studieuse de la rencontre, il insiste ensuite sur les 3 années de travail qui attendent tous les socialistes. Le candidat de la gauche pour 2012 ne sera pas désigné à Reims. Mais si tous ne se mettent pas au boulot immédiatement, notre candidat(e) n'aura aucune chance, quelles que soient ses qualités.
Travailler politiquement, c'est choisir. Aussi, alors que le vieux Port s'affiche comme la scène de toutes les "cambanaisons" politiciennes, Bertrand Delanoë se refuse quant à lui à transiger sur le fond. Ceux dont nous sommes politiquement proches sont connus. D'autres, bien qu'ils soient d'excellents amis, soutiennent des positions trop divergentes pour qu'une motion cohérente soit rédigée avec eux. Nous aspirons à un congrès de vérité. Notre propre clarté doit y contribuer.