Alors que la gauche a toujours été le parti du travail et des salariés, voici que Nicolas Sarkozy traite le Parti socialiste comme le refuge des assistés et prétend représenter la France qui se lève tôt. Nous devons dénoncer cette imposture, mais aussi inventer un nouveau modèle capable d’apporter aux salariés une sécurité accrue. Il est temps d’infléchir vigoureusement l’évolution du capitalisme financier qui vise à faire des salariés la « variable d’ajustement » d’une économie dérégulée.
Les pays scandinaves ont ouvert des pistes en adoptant un modèle fondé sur des principes clairs : une plus grande flexibilité pour les entreprises, mais en contrepartie, une véritable indemnisation du chômage et surtout un dispositif très puissant de formation professionnelle individualisée pour permettre à ceux qui cherchent un emploi de se réinsérer rapidement sur le marché du travail.
Mais, il nous faut l’affirmer avec force : il ne peut être question d’accroître la flexibilité sans ouvrir aux salariés un droit effectif à la formation professionnelle tout au long de la vie. Ce droit universel et attaché à la personne devrait prendre la forme d’un compte individuel avec « droit de tirage » tout au long du parcours professionnel. Car c’est bien à cette échelle que doit désormais être pensée la problématique du temps de travail. Et non pas en démantelant les 35 heures, comme le fait le gouvernement dans le projet de loi sur la représentativité en trahissant les accords entre partenaires sociaux, en faisant la part belle à la flexibilité et en renvoyant à plus tard la sécurité des salariés. Pire, en faisant des accords dans l’entreprise la base de la fixation de la durée du travail, il atteint tous les dispositifs collectifs mis en œuvre depuis des décennies.
Nous devrons aussi, dans les années qui viennent, imaginer des solutions et des réformes sur d’autres sujets relatifs à l’emploi : celui de la précarité de certains contrats de travail, celui de l’entrée des jeunes sur le marché du travail avec des situations scandaleuses comme l’enchaînement sur des années de stages qui n’ouvrent pas de droits à la retraite faute de cotisations, celui de la pénibilité de certains métiers et des relations sous toutes leurs formes entre l’emploi et la santé des salariés. C’est un devoir pour les socialistes. Car au cœur des inégalités de revenus, se trouve l’inégalité de l’emploi. 1,2 millions de salariés à temps partiel effectuent en moyenne 13 semaines de travail dans l’année, à raison de 22 heures par semaine. La plupart sont des femmes qui subissent ainsi sous-emploi et sous-salaire. Après avoir porté, il y a dix ans, le combat de la durée du travail, le Parti socialiste doit à présent concentrer ses efforts sur la lutte contre la pénibilité, contre le temps partiel subi, et contre tout ce qui ôte sa dignité au travail : il doit se battre pour la qualité de l’emploi.
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