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Le discours d'Avallon - Les libertés
"Nous les socialistes, il faudra qu'on monte le ton." Héritiers de la philosophie des Lumières, les socialistes doivent défendre les libertés face aux agressions du pouvoir, mais également en promouvoir de nouvelles, comme le droit de vote des étrangers aux élections locales.

2 Contre la marchandisation de la culture

Le conflit des intermittents du spectacle comme la rémunération du droit d'auteur à l'ère numérique, a récemment illustré la crise que traverse actuellement le financement de la création dans notre pays.

Le budget de l'Etat consacré à la culture est en berne, le spectacle vivant est en crise, la situation  précaire des intermittents du spectacle et de l'audiovisuel n'est nullement réglée, la mise sous tutelle de la télévision publique est programmée, l'éducation artistique et culturelle à l'école négligée, alors que le Ministère de la culture et de la communication perd son rang.
La réponse de Nicolas Sarkozy est connue, elle a même fait l'objet d'une lettre de mission à sa ministre de la culture dont le maître-mot est « rentabilité ». La droite ouvre ainsi une nouvelle période où l'offre culturelle est incitée à se formater, prétendument au nom des choix supposés du public. La RGPP mise en oeuvre au ministère de la culture s'apparente, plus que dans d'autres secteurs, à un véritable rouleau compresseur. Un pays qui négligerait la création se condamnerait à perdre son âme et son identité.
Les socialistes ont donc le devoir de défendre et de rappeler les grands enjeux de politique culturelle :
- défendre l'emploi culturel, améliorer les statuts, qu'il s'agisse des salariés du spectacle vivant ou des artistes plasticiens indépendants, sécuriser les professionnels pour mieux développer les pratiques amateurs :
- clarifier le cadre de la décentralisation culturelle alors que les collectivités territoriales assurent déjà les 2/3 du financement public de la culture et que leur sont transférées des compétences non financées ;
-faire de l'éducation artistique, indispensable si l'on veut conquérir de nouveaux publics, une priorité absolue ;

- contribuer à l'émergence d'un nouveau modèle de rémunération des auteurs et des artistes qui amène les puissants acteurs de l'Internet et de la téléphonie mobile à financer la création culturelle de la même façon que la télévision finance la production cinématographique depuis 25 ans, répondre ainsi pour partie à la crise actuelle de la diffusion culturelle.
- agir au niveau européen. La Culture n’est pas une marchandise, mais elle se trouve au centre d’enjeux économiques importants. Le second poste d’exportation des Etats-Unis sont les produits culturels. Une action soudée de l’Union Européenne permettra seule de concurrencer les grands groupes au niveau mondial. D’autre part la culture est désormais le chaînon manquant dans l’apparition d’une identité européenne. Elle devient un élément central de la construction de l’Europe au cœur de la crise qu’elle traverse actuellement.

En matière audiovisuelle, il importe également de favoriser des médias de qualité et de garantir pluralisme et diversité, afin de préserver « cette fenêtre sur la liberté » dont parlait François Mitterrand.
Or cette liberté est de plus en plus menacée par  une hyper-concentration à l’échelle mondiale: dans l’audiovisuel (les 15 premiers groupes mondiaux contrôlent 60% du marché mondial des programmes), dans le cinéma (les studios américains contrôlent 70% du marché européen) ou encore dans la presse et l’édition.
La politique de la droite consiste, pour l’essentiel, à donner satisfaction aux proches du Président de la République. Elle s’est ainsi attaquée frontalement au service public.
Elle n’a pas pris la mesure des enjeux démocratiques et économiques de la révolution numérique en cours, qui génère une multiplication des supports de diffusion, une diversification des usages et de nouvelles possibilités d’interactivité.
C’est pourquoi les socialistes doivent porter un véritable projet républicain pour l’audiovisuel et les médias en s’accordant sur quatre ambitions :
•        Un audiovisuel public fort pour une télévision de qualité, disposant d’un financement réel et pérenne, et d’une nouvelle gouvernance, garantie de son indépendance,
•        La garantie du pluralisme et de la diversité (réforme des règles anti-concentration et du CSA, développement des médias associatifs et coopératifs à l’échelon local et régional ; renforcement des droits des journalistes et des salariés des médias),
•       La garantie d’accès de tous les Français au meilleur des technologies numériques,
•        Le soutien de la création et de l’emploi, en favorisant le développement d’une puissante industrie de programmes, tout en encourageant plus fortement qu’aujourd’hui les initiatives locales et régionales et les projets innovants que génèrent les évolutions technologiques.

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"La sécurité par la justice"

 

Commentaires

Culture : où et quand?
par antekirtt
le 01 jui 2008
Je suis tout à fait d'accord avec ce qui est dit sur la marchandisation de la culture. Les récents conflits à ce sujet ne font que renforcer le sentiment d'urgence face à cette question. En cette époque où le rentable est privilégié sur le développement intellectuel de chacun (qui "ne sert à rien, sauf à se faire un cerveau", comme le disait malicieusement Jean-Pierre Vernant lorsqu'on lui parlait de l'enseignement de la culture gréco-latine), il faut remettre les choses à plat.
Là où je suis moins d'accord avec ce qui est écrit ici, c'est que la "politique culturelle" semble se limiter aux problèmes des intermittents du spectacle et à la connexion ou non des foyers français à l'Internet. Je ne minimise pas ces phénomènes, mais le projet socialiste gagnerait à redire avec force que la culture est un service public : chaque Française et chaque Français a droit d'accès au patrimoine culturel passé et présent, en vue de son propre développement.
La reprise en main de la culture passera donc par une incitation à la création, mais aussi par une revalorisation du statut des bibliothèques, des musées, et une meilleure implantation de ces infrastructures dans les processus éducatifs et sociaux. Il ne s'agit pas de faire une France-musée poussiéreuse, mais une France vivante et heureuse de son dynamisme intellectuel.
La culture, que je préférerais qualifier de "possibilités de développement personnel", cela ne se brade pas, et cela n'est pas le lieu où l'on éponge les déficits des autres ministères. Cela ne doit pas l'être. On compte sur vous.

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