La sécurité est une valeur de gauche : elle est un enjeu majeur de cohésion sociale. Regardons les choses en face: la droite a sacrifié les quartiers populaires en affaiblissant tous les piliers de leur sécurité (suppression des services publics, au premier rang desquels la police de proximité, disparition de postes d’éducateurs, baisse des crédits associatifs, entre autres).
Les socialistes devront affirmer avec clarté qu’il n’y a pas en France une ville, pas un quartier, pas une cité où le droit de la République et les exigences de la justice sociale ne doivent s’appliquer.
Cela commence par le rétablissement d’un système judiciaire solide, sans lequel il n’est pas d’autorité possible. Les magistrats, en France, ne sont pas assez nombreux, ils ne sont pas assez rémunérés, ils ne sont pas assez protégés. Un pays où l’on attend pendant des mois, voire des années, qu’un jugement soit rendu, n’est pas vraiment un Etat de droit. La gauche devra veiller, par une politique ambitieuse de recrutements notamment, à ce que les délais de la justice soient raccourcis, et à ce que ses décisions soient appliquées. L’inflation carcérale, en outre, méconnaît la dignité des personnes détenues : il y a aujourd’hui 10 000 prisonniers de plus qu’en 2002, sans aucun résultat sur la délinquance, mais avec pour effet des drames humains dans les prisons françaises, dont l’état est indigne d’un pays civilisé.
Dans le même temps, les délits les moins graves restent souvent sans réelle sanction, avec un risque d’escalade dans la criminalité pour leurs auteurs. Les personnels de justice doivent avoir les moyens d’utiliser une large variété de peines adaptées aux situations individuelles : aucun acte délictueux, quel que soit son degré de gravité, ne doit rester impuni. Les travaux d’intérêt général, les peines alternatives à l’emprisonnement, doivent permettre à la société de signifier aux auteurs d’infractions sa réprobation, tout en leur offrant de réparer leur faute. La réparation, parce qu’elle est un acte positif accompli en direction de la société, est en quelque sorte une première forme d’intégration.
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