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Pour une politique humaine et digne de l’immigration |
C’est l’une des questions les plus sensibles à aborder pour les socialistes, humainement, économiquement, socialement, mais aussi du point de vue des droits de l’Homme. Les socialistes doivent affirmer que la France est fière de son ouverture au monde et qu’ils assument l’immigration dans ses trois voies traditionnelles (asile, famille, emploi). La France, en concertation avec les pays européens, doit bâtir une politique d’immigration humaine et raisonnée sur trois piliers : - Un droit stable, lisible et reposant sur des critères d’accueil précis, qui offre aux immigrés présents et à venir une sécurité juridique, c’est-à-dire la garantie que leur statut ne changera pas, et qui apporte la certitude que l’immigration se développera dans un cadre légal. Ce droit – et notamment la lutte contre les filières d’immigration clandestine - doit être conçu et appliqué avec discernement et humanité. Nous ne voulons pas que la France vive à nouveau ces scènes si blessantes pour sa conscience et qui, sous l’impulsion de Réseau Education Sans Frontières (RESF), avaient largement mobilisé de nombreuses familles : des enfants arrachés de leur cour d’école, sous les yeux de leurs camarades ; un grand-père arrêté, pour être expulsé, à la porte du collège où il attendait son petit-fils. Nous affirmons que chacun, sur le territoire de la République, doit avoir le droit à une vie familiale normale. - Une véritable stratégie d’intégration. Il faut créer un contrat d’accueil, comportant un suivi et un soutien effectif des migrants, qui créerait un lien plus étroit entre l’étranger en situation régulière et la communauté nationale qui, parce qu’elle ouvre des droits, doit voir ses valeurs respectées par tous. La maîtrise de la langue française et l’accès à la formation sont des priorités ainsi, nous le redisons, que le droit de vote des résidents étrangers aux élections locales. - la coopération. La France doit saisir la chance économique que représente l’immigration. Aux antipodes de la rhétorique dégradante de « l’immigration choisie ou subie », on peut imaginer un partenariat équitable et respectueux entre pays d’accueil et pays d’émigration. L’immigration sera indispensable pour répondre aux besoins de main-d’œuvre ou relever le défi du vieillissement démographique. La circulation des étudiants et des travailleurs, les échanges culturels et techniques peuvent être facilités, en veillant à ne pas favoriser la fuite des cerveaux, indispensables au développement. Au lieu de fixer des quotas d’immigration rigides et bureaucratiques, l’Etat peut faciliter le recrutement des étrangers sur les secteurs professionnels en tension, notamment avec l’institution de bureaux régionaux d’aide aux entreprises.
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