L’ère de l’après pétrole a commencé : les ressources disponibles s’épuiseront à l’horizon 2050. Parallèlement, la « crise silencieuse » de la biodiversité se poursuit à un rythme extrêmement rapide, plus de 15 000 espèces vivantes sont aujourd’hui menacées d’extinction. Les pollutions - de l’air, de l’eau et des sols - s’accumulent, constituant de véritables enjeux de santé publique. L’accès à l’eau s’avère de plus en plus problématique, en particulier dans plusieurs pays du Sud, alors qu’au Nord, c’est la détérioration des nappes qui sévit. Enfin, la crise alimentaire internationale révèle l’incapacité de notre modèle de développement à nourrir une bonne part de l’humanité livrant même les denrées alimentaires à la spéculation. Cette situation exige des actes et non plus de simples effets d’annonce, comme l’illustre encore récemment le Grenelle de l’environnement. Les mesures significatives qu’il intégrait à l’origine ont été soit repoussées soit abandonnées, à commencer par la réflexion sur une fiscalité écologique inédite mettant en oeuvre des incitations fortes et donnant tout son sens au principe pollueur-payeur.
Pour les socialistes, le temps de la « sous-traitance » de la question environnementale est donc révolu. Le socialisme doit assumer sa double identité : sociale et écologique, les deux étant désormais étroitement imbriqués. En effet, ce sont toujours les plus fragiles socialement qui sont les premières victimes de toutes les formes d’atteinte à l’environnement : exposition aux événements climatiques exceptionnels, aux nuisances sonores (aéroports, autoroutes, voies ferrées), aux produits dangereux dans le cadre professionnel, ou aux pollutions dans la vie quotidienne.
Dans cette optique, deux grands secteurs doivent mobiliser une action d’envergure : le logement et les déplacements. Les pistes d’économies d’énergies sont nombreuses et doivent être largement explorées : réduction des gaspillages, éco-conception, réflexion sur les distances habitat/travail. Ne sous-estimons pas le réel potentiel de création d’emplois (non délocalisables de surcroît) associé à cet enjeu : habitat et déplacements mais aussi traitement des déchets ou tourisme écologique peuvent contribuer à une nouvelle croissance. Les socialistes, en tout état de cause, ne sont pas adeptes de la « décroissance ».
Nous considérons la filière nucléaire française comme un atout qui assure 85% de la production de notre électricité. Nous ne sommes donc pas partisans d’une « sortie du nucléaire ». Ce choix s’intègre pleinement à notre volonté de limiter le recours aux énergies fossiles et de faire baisser les émissions de CO2. Bien entendu, le développement de la filière nucléaire française doit se concevoir dans une absolue exigence en terme de transparence, de sécurité et de démocratie. Et cette option va évidemment de pair avec une volonté assumée de diversification des sources d’énergies renouvelables (éolien, solaire, hydraulique…). Or, la part de ces énergies dans la consommation nationale d’électricité diminue : 12,1% en 2006, contre 16,2% en 2001. Les socialistes doivent proposer un plan d’investissement pluri-annuel massif dans les filières éolienne et solaire.
Pour les professionnels, comme pour les particuliers, durement atteints par l’augmentation sensible des prix de l’énergie, il faudra concevoir des aides à l’investissement dans des outils de travail et des moyens de transport plus économes (véhicules particuliers plus adaptés, ferroutage…) et moins polluants.
L’Etat devrait d’ailleurs inciter les sociétés pétrolières, bénéficiaires de super-profits, à s’y associer, en conditionnant légitimement ses aides à un engagement significatif de leur part.
Sur tous ces sujets, nous estimons bien entendu que l’Europe doit être à la fois levier et accélérateur. En effet, l’efficacité de ces mesures pourra être décuplée si elles sont mises en œuvre dans toute l’Union et si elles fondent ainsi un grand programme d’investissements publics. L’Europe a donc vocation à mieux mobiliser et coordonner des programmes de recherche sur le développement durable et ses applications industrielles. Elle devrait d’ailleurs se doter d’une véritable politique industrielle pour conquérir ces marchés. Le Parti Socialiste devra proposer au PSE de faire de l’investissement dans le développement durable un axe majeur de la campagne aux élections européennes de 2009.
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