La contribution

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Le discours d'Avallon - Economie et société
Investissement dans la recherche et l'éducation, efficacité dans la gestion de l'Etat au service de la justice sociale... Bertrand Delanoë présente le chapitre économique et social de la contribution.

1 Une ambition sociale qui produit des effets

Dans une société où les inégalités se creusent, opposer le principe d’égalité formelle à tout traitement différencié revient de fait à les accentuer. Nous assumons les mesures positives de promotion de l’égalité des chances quand elles sont justifiées et proportionnées car nous savons qu’il est nécessaire d’appliquer un traitement modulé à des situations sociales, économiques, géographiques distinctes.

-Nous avons une obligation de résultat sur le logement, premier poste de dépense des ménages et enjeu national de cohésion et de justice sociale. La Fondation Abbé Pierre estime à plus 3 millions, le nombre de personnes aujourd’hui pas ou mal logées. Les dispositifs fiscaux dits Robien ont conduit à une forte construction neuve sur des catégories de logements privés qui ne correspondent pas à la demande de la majorité des Français. L’impératif est au contraire de construire chaque année au moins 120 000 logements sociaux pour rattraper un retard insupportable. Nous affirmons notre volonté d’agir sur tous les leviers disponibles. Certes, les lois existent, mais elles sont soit insuffisantes, soit trop rarement appliquées. Ainsi, la loi de 1994 (renforcée par la loi sur le droit au logement opposable qui fait obligation aux communes d’avoir un nombre minimum de places d’hébergement d’urgence par habitant) est bafouée par plusieurs municipalités de droite. L’objectif de 20% de logements sociaux, fixé par la loi SRU de décembre 2000, ne l’est pas davantage. Sur les 682 communes françaises assujetties à ce texte, 519 ont préféré, non sans cynisme, verser des pénalités financières. Il faudra donc multiplier au moins par cinq ces sanctions financières, aujourd’hui dérisoires, pour les municipalités qui s’obstinent à ignorer la loi. Nous devons en outre garantir le financement du « plan banlieues », et sauver le livret A, outil essentiel auquel le gouvernement a gravement porté atteinte. Enfin, il est indispensable de redéployer les crédits du logement pour élargir l’offre et parvenir à une continuité entre les marchés (locatif privé, locatif social, accession aidée, accession libre). Enfin, nous ne devrons négliger aucun outil destiné à maîtriser la progression des loyers du secteur privé, notamment lors de la relocation.

-L’école doit cesser de favoriser la reproduction sociale. Aujourd’hui encore, la moitié seulement des enfants d’ouvriers obtiennent le baccalauréat contre 90% des enfants des cadres et enseignants. Reconnaissons que ni la carte scolaire, contournée par les multiples dérogations, ni les ZEP, dont les moyens sont limités, ne permettent de garantir une véritable égalité des chances. D’après les dernières estimations disponibles, réduire à dix huit élèves la taille de certaines classes en CP et en CE1 en ZEP permettrait de diminuer d’environ 40% les différences de niveau des connaissances acquises. Les procédures d’affectation des enseignants et leur rémunération devront également être modifiées. Revaloriser le statut de l’enseignant, lui rendre toute sa noblesse, et lui donner, dans la société toute la place qu’il mérite, ce doit être l’un des objectifs essentiels de la gauche. Afin de lutter contre les discriminations sociales et territoriales, nous proposons enfin que les meilleurs élèves de chaque lycée français - y compris ceux implantés dans des zones rurales ou dites « sensibles » -  puissent accéder, chaque année, aux classes préparatoires des grandes écoles. 50% de ces places pourraient être réservées à cet effet, le reste continuant à être attribué classiquement sur dossier.

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Première partie: 

"Un nouveau modèle de développement"
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Deuxième partie: 

"De nouvelles libertés publiques pour une démocratie moderne"

 

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