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Le discours d'Avallon - Les défis des socialistes
Le cycle d'Epinay est terminé... mais attention à ne pas revenir à avant Epinay !" Stratégie d'alliances, leadership, esprit collectif... Bertrand Delanoë présente les pistes à suivre pour remettre le Parti au travail dès demain et durant les trois prochaines années.

3 Une identité, un dessein collectif, une ambition pour la France

Que voulons-nous ?
Réussir un grand congrès socialiste, parce que nous ne pouvons plus retarder le moment de choisir : une identité attractive et crédible, une orientation cohérente et efficace, une stratégie claire pour toute la gauche, un fonctionnement profondément rénové, une direction collective et un chef d’équipe clairement mandatés.

Que faut-il pour y parvenir ?
Des idées, bien sûr. Mais tout autant de la sincérité. Ce grand congrès de Reims, nous le devons aux militants. Ils sont le Parti socialiste et ils ne ménagent pas leur temps ni leurs efforts bénévoles pour le faire gagner. Ils  savent bien que notre parti est notre seul outil, notre unique légitimité, notre seule force d’intervention pour changer le cours des choses dans notre pays. Et si beaucoup de socialistes sont inquiets, parfois lassés, à l’aube de notre congrès, c’est parce qu’ils ne veulent surtout pas voir se perpétuer ce qui a abîmé notre force et notre fonctionnement ces dernières années. Il y a urgence à mettre un terme aux dérives vers l’hyper-personnalisation, vers une « présidentialisation » rampante de nos modes de fonctionnement, vers la transformation des courants d’idées – qui ont fait la richesse intellectuelle, collective et démocratique du parti socialiste, et qui ont contribué à le faire gagner en 1981, 1988 et 1997 – en clubs de supporters.
Nous devons veiller à notre cohérence nationale, pour éviter les stratégies à dimension variable, telles que nous les avons encore vues lors des élections locales de mars 2008.

« Ne pas reproduire Rennes ! », nous dit-on. Evidemment. Mais est-ce bien le risque essentiel que nous devons éviter ? Cette manière de  faire peur a déjà servi après le référendum  sur le traité constitutionnel européen. Elle a produit…le congrès du Mans et ses suites ! Le refus de la différence assumée a conduite à la fiction de la synthèse. Allons donc au fond des choses. Nous avons été les premiers à dire que, dans des conditions radicalement nouvelles, nous sommes à un tournant de même ampleur qu’au moment du congrès fondateur d’Epinay en juin 1971. La force de propulsion du « cycle d’Epinay » est aujourd’hui épuisée.  A l’époque, il s’agissait d’unifier la famille socialiste, de la faire grandir et gagner par l’union de la gauche. A Epinay, les socialistes ont tranché. Ils n’ont pas suivi l’exhortation de Guy Mollet à « ne surtout pas choisir une personnalité d’envergure  à la tête du parti socialiste ». Le parti socialiste naissant n’a pas eu à regretter, encore moins à souffrir, d’avoir choisi François Mitterrand en 1971.
Aujourd’hui l’enjeu est de retrouver un élan national par la construction d’une puissante force socialiste, surtout  pas  de revenir à avant Epinay pour replonger dans les mœurs de la SFIO, dans ces tristes époques où le mouvement socialiste était morcelé en de multiples pouvoirs locaux sans force nationale. Les militants veulent aller de l’avant. Ils veulent innover. Ils veulent choisir en toute liberté. Ils ne sont pas idolâtres, ni serviles.

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Troisième partie: 

"Européens et internationalistes"
 

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