Questions Réponses
Faut-il élire un "présidentiable" au poste de Premier secrétaire ?

L'enjeu du Congrès de Reims n'est pas de désigner le candidat de la gauche à la prochaine élection présidentielle. En revanche, nous pensons que le choix de son premier secrétaire doit engager le parti  socialiste dans une dynamique de travail pour les trois prochaines années. La gauche bénéficie d'une crédibilité incontestable au niveau local. Elle ne peut espérer remporter à nouveau une élection nationale qu'en assumant pleinement son rôle d'opposition et en proposant aux citoyens un projet politique alternatif efficace. Son leader aura besoin de toute son énergie pour rassembler en interne, faire travailler les militants et communiquer de nouveau avec les Français. Ce n'est pas une question de personne, mais de mise en place d'un dispositif collectif qui nous permette de construire le PS du XXIème siècle et de gagner en 2012.

 

Comment se déroule un congrès du Parti socialiste ?

Jusqu’à présent organisé tous les 3 ans, le Congrès permet aux militants de choisir la ligne politique du parti et ses dirigeants. Peuvent voter tous les militants ayant adhéré au moins 6 mois avant la date du scrutin.

Les contributions
Le congrès débute par une phase de débat sans vote autour des contributions. Certaines portent sur des thèmes précis (exemple : le développement durable), d’autres sont dites générales. Souvent rédigées par des membres des instances nationales, les contributions générales ont, pour un certain nombre d’entre elles, vocation à devenir des motions. C’est le cas de la contribution « Clarté, courage, créativité : choisir maintenant pour agir demain ». Cette année, 21 contributions générales et 260 contributions thématiques ont été déposées. Toutes sont consultables sur le site du Parti Socialiste.

Les motions
A cette première phase succède un Conseil National dit "de synthèse", dont l'objectif est de débattre pour arriver à une seule motion. Il se tiendra cette année le 23 septembre. En cas de désaccords, plusieurs motions sont soumises au vote des militants au sein des sections. C’est à travers ces textes de politique générale que se constituent les différents « courants », sensés incarner des orientations politiques différentes au sein du PS.

Le vote sur les motions – 6 novembre
Le nombre de voix obtenues par chaque motion détermine la composition des instances du parti à tous les niveaux (CA de section, Conseils fédéraux, Conseil national et Bureau national). Pour être représentées, les motions doivent obtenir au minimum 5% de voix dans au moins 15 fédérations différentes.

Le Congrès – 14, 15 et 16 novembre
Des débats sont organisés entre les délégués de chaque motion afin de parvenir à une synthèse générale ou partielle. S’il y a synthèse, les motions signataires sont représentées au Secrétariat National. En l’absence de synthèse, la ligne politique du PS est déterminée par la motion majoritaire.

L’élection des dirigeants – 20 novembre
Le même jour, les militants sont appelés à voter pour le Premier secrétaire, le Premier secrétaire fédéral et le secrétaire de section. Un éventuel deuxième tour se tient le lendemain. A noter que, comme pour le vote sur les motions, il n’y a pas de procuration possible.

Suite à la révision des statuts du PS en juin 2008, les prochains Congrès seront convoqués au moins un an avant les échéances présidentielle et législative, et dans l’année qui suivra ces mêmes échéances.

Qu'est ce qui caractérise la démarche de "Clarté, courage, créativité" ?
C'est le seul rassemblement nouveau ayant intéressé des militants et des élus issus de parcours différents mais aujourd'hui désireux d'apporter ensemble des réponses aux enjeux de la nouvelle période.

Notre ambition : Affirmer une nouvelle majorité au sein du Parti fondé sur une orientation claire et cohérente, pas sur une combinaison d'appareil volant en
éclat au premier débat politique ; Changer le Parti en le respectant, le remettre au travail en le dotant d'une équipe dirigeante forte et efficace et en finir avec la cacophonie actuelle ; Assumer notre réformisme et nos valeurs, regarder la société en face, affronter les problèmes du XXIe siècle avec des solutions innovantes, dire la même chose au sein du Parti et aux électeurs.
Assumer nos différences, n’est-ce pas mettre à mal l’unité du Parti ?

Si la famille socialiste doit trouver les voies de son rassemblement, il faut malgré tout se souvenir que la médiocre synthèse du Mans n’a pas aidé le parti à préparer la dernière élection présidentielle. Hésitant à trancher, le PS est devenu cacophonique et brouillon.

Dans un climat cordial et respectueux, le congrès de Reims gagne à être un moment de clarification de notre projet. Cette importante échéance doit offrir l’occasion d’engager les chantiers de fond. Car nous ne pourrons gagner en 2012 sans travailler efficacement de 2008 et 2011.

Pour mettre tous les atouts de notre côté, il faut élire un premier secrétaire de plein exercice. Cela serait absurde de choisir exprès une personnalité de moindre envergure (comme Guy Mollet le suggérait avant le congrès d’Epinay) comme de désigner bien trop tôt le candidat aux élections présidentielles.

Quelles alliances pour le PS ?

Premièrement, la priorité est que les Socialistes se dotent d’une ligne cohérente clarifiée. Chercher à négocier sans savoir où l’on va et ce à quoi on tient n’est jamais pertinent. Deuxièmement, il ne peut être aujourd’hui question d’une alliance avec un Modem qui se prétend ni à gauche ni à droite et qui a fait la preuve de son ambiguïté et de son opportunisme durant les dernières municipales. Au fond, l’ambition de François Bayrou est de se qualifier pour le 2e tour des élections présidentielles en 2012. Son parti n’a pas la moindre intention de s’allier stratégiquement avec la gauche qu’il concurrence. Si cela évoluait et que le MODEM s’inscrivait durablement au centre gauche, nouer un partenariat solide deviendrait envisageable.

Quant à l’extrême-gauche, elle prospère dans la critique sans jamais obtenir de changements sociaux concrets. Ce sont toujours les réformistes qui ont permis d’acquérir de nouvelles libertés et de nouveaux droits sociaux. Prendre en compte la douleur et la colère des plus défavorisés est fondamental. Mais il ne sert à rien de courir derrière des appareils partisans qui refusent de construire avec le PS une coalition à vocation majoritaire.


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