Questions Réponses
Crise financière : l'Europe est-elle au rendez-vous ?

L’Europe n’existe que si elle parle d’une seule voix. Avec la crise financière, il s’en est fallu de beaucoup: refus allemand d’un plan de sauvetage européen, absence de coordination entre l’Irlande et le Royaume-Uni, dont les économies sont pourtant étroitement liées, etc. Le sursaut salutaire de l’Eurogroupe, dont le Premier ministre britannique a été le principal artisan (c’est un comble), ne doit donc pas masquer de légitimes interrogations sur la gouvernance de l’Union. Car les divisions initiales démontrent à nouveau la faiblesse structurelle de l’Europe. D’une absence chronique de coordination, le risque était grand d’entrer dans une logique de conflit.

Et c’est une preuve supplémentaire de l’impérieuse nécessité d’une Europe politique, également indispensable à la construction de l’Europe sociale. Une Europe sans institutions fortes ne pourra pas imposer la moindre régulation à qui que ce soit.

L’euro a, heureusement, empêché les dévaluations compétitives des monnaies auxquelles se livraient les pays européens avant l’Union monétaire. Mais s’il était urgent d’endiguer la crise financière, il faut désormais anticiper la crise économique. Or les règles de gouvernance actuelles, qui imposent une présidence tournante et des budgets insuffisants, ne sont pas adaptées pour permettre à l’Europe de se donner les moyens de peser demain face aux blocs américain, chinois ou russe et de tirer par le haut une croissance pourvoyeuse d’emploi, de progrès social et de développement durable pour ses citoyens.

La motion A, la plus résolument européenne, propose un certain nombre de perspectives allant dans ce sens. Entre autres propositions :

- La création d’un pôle de régulation mondiale des marchés financiers ; l’Union Européenne doit être le fer de lance de la réforme de la gouvernance financière : contrôle et réglementation des fonds spéculatifs, réforme des agences de notation, modification des normes comptables des entreprises, combat contre les paradis fiscaux, notamment au sein des pays de l’Union qui les tolèrent encore.

- un véritable gouvernement économique harmonisant les politiques fiscales et sociales, dialoguant de façon structurée avec la BCE, finançant la solidarité entre les pays les plus riches et les moins développés, pilotant un budget européen porté rapidement à 1,5% du PIB.

- un emprunt européen pour financer un vaste plan de relance fondé sur la recherche d’une croissance durable visant notamment les projets d’infrastructures respectueuses de l’environnement, les dispositifs d’économies d’énergie et d’utilisation des énergies renouvelables, la mise en œuvre des programmes de recherche et d’innovation. Un emprunt d’une centaine de milliards d’euros (soit environ 1 point de PIB de l’UE) est parfaitement compatible avec les capacités de remboursement de l’Union et constituerait un effet de levier et de confiance.


Et comme socle de ces évolutions, notre motion propose donc de commencer par ce qui est sans doute le commencement : un Parlement européen doté d’un véritable pouvoir législatif, qui vote la totalité du budget, avec une Commission responsable devant lui. Rendre à la construction européenne sa réalité et son utilité aux yeux des peuples qui la rejettent, cela veut dire d’abord rendre leur pouvoir à leurs représentants élus. La crise de l’Europe est politique. Elle ne se résoudra pas sans une ambition politique.

Faut-il une personnalité "présidentiable" au poste de Premier secrétaire ?
L'enjeu du Congrès de Reims n'est pas de désigner le candidat de la gauche à la prochaine élection présidentielle.
En revanche, nous pensons que le choix de son premier secrétaire doit engager le parti socialiste dans une dynamique de travail et de victoire pour les trois prochaines années. La gauche bénéficie d'une crédibilité incontestable au niveau local. Elle ne peut espérer remporter à nouveau une élection nationale qu'en assumant pleinement son rôle d'opposition et en se rassemblant sur un projet politique alternatif efficace.
Notre leader devra faire travailler les militants et rétablir la communication avec les Français sans craindre les prochaines échéances. Seule une personnalité portée par des convictions fortes et bénéficiant d'une audience nationale est en mesure d'animer un dispositif véritablement collectif pour construire, avec des militants respectés et acteurs, le PS du XXIème siècle et gagner en 2012.
Comment se déroule un congrès du Parti socialiste ?

Jusqu’à présent organisé tous les 3 ans, le Congrès permet aux militants de choisir la ligne politique du parti et ses dirigeants. Peuvent voter tous les militants ayant adhéré au moins 6 mois avant la date du scrutin.

Les contributions
Le congrès débute par une phase de débat sans vote autour des contributions. Certaines portent sur des thèmes précis (exemple : le développement durable), d’autres sont dites générales. Souvent rédigées par des membres des instances nationales, les contributions générales ont, pour un certain nombre d’entre elles, vocation à devenir des motions. C’est le cas de la contribution « Clarté, courage, créativité : choisir maintenant pour agir demain ». Cette année, 21 contributions générales et 260 contributions thématiques ont été déposées. Toutes sont consultables sur le site du Parti Socialiste.

Les motions
A cette première phase succède un Conseil National dit "de synthèse", dont l'objectif est de débattre pour arriver à une seule motion. Il se tiendra cette année le 23 septembre. En cas de désaccords, plusieurs motions sont soumises au vote des militants au sein des sections. C’est à travers ces textes de politique générale que se constituent les différents « courants », sensés incarner des orientations politiques différentes au sein du PS.

Le vote sur les motions – 6 novembre
Le nombre de voix obtenues par chaque motion détermine la composition des instances du parti à tous les niveaux (CA de section, Conseils fédéraux, Conseil national et Bureau national). Pour être représentées, les motions doivent obtenir au minimum 5% de voix dans au moins 15 fédérations différentes.

Le Congrès – 14, 15 et 16 novembre
Des débats sont organisés entre les délégués de chaque motion afin de parvenir à une synthèse générale ou partielle. S’il y a synthèse, les motions signataires sont représentées au Secrétariat National. En l’absence de synthèse, la ligne politique du PS est déterminée par la motion majoritaire.

L’élection des dirigeants – 20 novembre
Le même jour, les militants sont appelés à voter pour le Premier secrétaire, le Premier secrétaire fédéral et le secrétaire de section. Un éventuel deuxième tour se tient le lendemain. A noter que, comme pour le vote sur les motions, il n’y a pas de procuration possible.

Suite à la révision des statuts du PS en juin 2008, les prochains Congrès seront convoqués au moins un an avant les échéances présidentielle et législative, et dans l’année qui suivra ces mêmes échéances.

 

Consultez le calendrier de préparation du Congrès

Qu'est ce qui caractérise la démarche de "Clarté, courage, créativité" ?
C'est le seul rassemblement nouveau ayant intéressé des militants et des élus issus de parcours différents mais aujourd'hui désireux d'apporter ensemble des réponses aux enjeux de la nouvelle période.

Notre ambition : Affirmer une nouvelle majorité au sein du Parti fondé sur une orientation claire et cohérente, pas sur une combinaison d'appareil volant en
éclat au premier débat politique ; Changer le Parti en le respectant, le remettre au travail en le dotant d'une équipe dirigeante forte et efficace et en finir avec la cacophonie actuelle ; Assumer notre réformisme et nos valeurs, regarder la société en face, affronter les problèmes du XXIe siècle avec des solutions innovantes, dire la même chose au sein du Parti et aux électeurs.
Assumer nos différences, n’est-ce pas mettre à mal l’unité du Parti ?

Si la famille socialiste doit trouver les voies de son rassemblement, il faut malgré tout se souvenir que la médiocre synthèse du Mans n’a pas aidé le parti à préparer la dernière élection présidentielle. Hésitant à trancher, le PS est devenu cacophonique et brouillon.

Dans un climat cordial et respectueux, le congrès de Reims gagne à être un moment de clarification de notre projet. Cette importante échéance doit offrir l’occasion d’engager les chantiers de fond. Car nous ne pourrons gagner en 2012 sans travailler efficacement de 2008 et 2011.

Pour mettre tous les atouts de notre côté, il faut élire un premier secrétaire de plein exercice. Cela serait absurde de choisir exprès une personnalité de moindre envergure (comme Guy Mollet le suggérait avant le congrès d’Epinay) comme de désigner bien trop tôt le candidat aux élections présidentielles.


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