L’ECONOMIE DE LA CONNAISSANCE ET LE DEVELOPPEMENT DURABLE
Le problème numéro 1 de la France est celui de la compétitivité internationale des entreprises en raison de la faiblesse de la spécialisation industrielle et de l’insuffisante présence des PME sur les marchés mondiaux. La France est très présente dans certains secteurs d'activités au travers de quelques grandes entreprises. Mais c’est l’ensemble de l’industrie qui est aux prises avec la concurrence des pays émergents et nos emplois ne peuvent reposer sur quelques secteurs seulement. La réponse n'est pas dans le protectionnisme mais dans l'innovation et la recherche qui doivent irriguer plus largement l’ensemble du tissu économique pour conquérir des créneaux à forte valeur ajoutée. C’est par les petites et moyennes entreprises, plus que par celles du CAC 40, que la France retrouvera le dynamisme de sa croissance et c’est par le soutien de l’Etat et des collectivités qu’elles se développeront.
L’économie de la connaissance impose également un effort éducatif global qui concerne tous les échelons du système scolaire de la maternelle au supérieur et se prolonge par l’accès à la formation tout au long de la vie.
Insistons sur un point décisif : aucun pays ne survivra dans la compétition à venir sans universités de qualité. Or, la France manque d’une politique ambitieuse dans tous les domaines de la vie universitaire : statuts, mobilité et rémunération des enseignants-chercheurs, équipements, bibliothèques, encadrement et conditions de la vie étudiante, bourses. La terrible ségrégation sociale qui se renforce dans l’accès aux formations supérieures ruine nos talents et mine notre compétitivité. Il faut accorder aux universités une autonomie véritable, bien différente de celle qu’a prétendu leur conférer le gouvernement actuel, créer de grands campus pour favoriser les échanges, la créativité scientifique, l’innovation et les débouchés vers les entreprises. Il faut aider les étudiants et les chercheurs qui le souhaitent à créer des PME innovantes.
Cela doit s’accompagner d’une action européenne vigoureuse et tenace pour développer l’espace européen de la recherche, créer le brevet européen, protéger la propriété intellectuelle et combattre le dumping dans les échanges internationaux.
2) Le développement durable
L’urgence environnementale désigne assurément le défi de ce siècle, plaçant chaque individu, chaque collectivité, chaque Etat, devant ses responsabilités. L’enjeu est tout simplement vital. En effet, le dérèglement climatique a d’ores et déjà et aura davantage encore à l’avenir des conséquences redoutables : tempêtes, inondation de territoires entiers, disparition d’espèces animales et végétales, écosystèmes atteints, ressources en eau potables anéanties, développement de grandes épidémies. L’impact social et géo-politique d’un tel scénario implique non seulement une prise de conscience mais surtout des actes. C’est en particulier une nouvelle conception de la croissance, de ses indicateurs et de nos politiques publiques qui s’impose. Les récentes émeutes de la faim illustrent jusqu’à l’absurde les conséquences d’une logique de développement strictement productiviste et financière, qui doit être remise en cause. Les socialistes sont mieux armés que les libéraux pour aborder l’un des enjeux centraux de l’économie du futur : réguler la production et les échanges pour les rendre compatibles avec l’impératif de développement durable. Cela passe notamment par une nouvelle politique de l'énergie qui doit être définie avec nos partenaires européens. Son premier objectif doit être la sobriété et l’efficacité énergétique pour la diminution de notre consommation d’énergie. C’est un immense champ de développement technologique dans les transports, la construction, le chauffage, etc, créateur d’emplois nouveaux. Le deuxième objectif est le développement des énergies renouvelables pour lesquelles la France a pris un grand retard. Enfin, une action européenne est indispensable pour sécuriser les approvisionnements énergétiques. Mais une politique de développement durable devra également porter sur la solidarité avec les pays les plus vulnérables, notamment dans le domaine de l’approvisionnement en eau. Il existe un large accord sur ces objectifs. Mais leur mise en oeuvre soulève des débats qui devront être tranchés par les socialistes, par exemple sur la place de l'énergie nucléaire ou sur la question des OGM. Ces perspectives imposent de clarifier aussi nos choix sur la fiscalité de l'environnement, sur les investissements publics pour réduire les émissions de CO2 et sur l'orientation de notre diplomatie nationale et européenne.
Commentaires
Bonjour,
la France a tous les potentiels scientifiques et industriels pour contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique.
Avec un ami, nous avons rédigé une note sur ce sujet : www.alternative-hydrogene.fr.
L’Alternative Hydrogène :
- contribuera à la lutte contre le réchauffement climatique,
- résorbera la pollution atmosphérique,
- assurera l’indépendance énergétique,
- luttera contre l’augmentation tarifaire de l’eau et des matières alimentaires,
- et contribuera à l’atténuation des conflits financiers et armés dus à l’énergie.
Le développement d’une nouvelle économie basée non plus sur les hydrocarbures, mais sur l’Hydrogène sera un moyen de renouer avec la Croissance, la création d’entreprises et d’emplois.
Nous aimerions en débattre avec les Internautes, mais aussi avec l'un des animateurs de Clarté Courage et Créativité.
Evidemment la recherche est indispensable.
Nous ne pouvons que la promouvoir, trouver les moyens de la financer, de "l'européaniser" sur notre territoire où elle y serait incontournable.
Nous sommes en retard en ce qui concerne la formation… le système LMD n'est pas suffisant et je ne comprends pas ce conservatisme à l'égard des diplômes français : pourquoi tel ou tel diplôme européen serait-il moins valorisant qu'un diplôme made in France ;
pourquoi notre éducation de l'enseignement supérieur et de la recherche n'ouvre pas davantage ses portes à nos voisins européens ; est-il possible de fiancer la recherche grâce à la construction de grandes universités européennes sur notre territoire ?...
Je rêve sans doute… mais l'espoir rassure.
Amitiés
la Validation des acquis est une bonne idée qui ne fonctionne pas.
du fait de lourdeurs administratives, mais aussi d'absence de financement pour les entreprises qui pourraient envoyer leur employés en formation lourde.
Une réorientation de la formation professionnelle doit déboucher
a) sur ceux qui ne sont jamais touchés (quel est le taux d'illetrisme déjà ? important si l'on se souvent de cette question terrible posé à nos trois jours militaires)
b) une plus grande mutualisation pour favoriser les formations lourdes des entreprises et des employés volontaristes
De même es professions qui s'organisent en fédération ou groupement d'employeurs et qui font l'effort de travailler les contenus obtiennent à mon sens des résultats probants et devraient être favorisés.
La formation professionnelle (hors DUT/IUT) est dans un état de délabrement avancé.
Parallèlement les études qui suivent le destin des classes de sixième montrent que dans les secteurs qui s'investissent dans la formation professionnelle (le BTP) les "formés" abandonnent au bout de quelques années.
Il y a nécessité d'investir ce secteur avec les branches concernées (c'est plus efficace en terme de contenu), mais aussi de voir les causes des échecs dans les branches qui investissent (pour le BTP condition de travail, rémunération)
Contrairement à une idée reçu, la France n'est pas en retard sur les énergie renouvelable puisqu'elle a un parc hydroélectrique important. Des efforts sont effectivement à faire sur d'autres sources (éolien, solaire, etc...)
Ceci dit, dans la réflexion, n'oublions pas les limites technologiques de ces différents moyens de production d'électricité sachant parfaitement que ce produit ne se stocke pas.
Il est bien évident, qu'il ne faut pas oublier les économies d'énergies (réfection des bâtiments publics, du parc social, etc...) Sauf à imaginer des scénarios de décroissance au niveau mondial, avec les tensions prévisibles sur le prix des énergies fossiles et les conséquences climatiques de leur utilisation intensive, le nucléaire est une solution efficace. Contrairement au dire de certains, avec le recyclage des déchets, les réacteurs à neutrons rapides ou encore l'utilisation du thorium, les réserves sont suffisantes pour selon les estimations 2000 à 4000 ans.
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